LA RENTREE… FAUT Y PENSER !

LA RENTREE FAUT Y PENSER !

Genèse du projet

Ce 22 juin 2015, Promo Jeunes AMO lance son opération annuelle « La rentrée… faut y penser ! ».Cette année, nous nous sommes associés à d’autres AMO et associations de Bruxelles afin de répondre au mieux à la demande. Sont donc associés à ce projet, la médiation scolaire d’Uccle, l’AMO Rythme, l’AMO TCC Accueil, l’AMO CARS, l’Asbl Nota bene dépendant de Bravvo, Comète AMO, l’Amo Le Toucan, Atouts Jeunes AMO, Itinéraires AMO, Amo de NOH, CEMO, Inser’action AMO et AtMOsphères.
Pour la huitième année consécutive, cette campagne vise à sensibiliser les jeunes à la nécessité de s’inscrire dès à présent dans un établissement scolaire pour l’année 2015-2016.
Pour l’occasion, la permanence de Promo Jeunes est ouverte de 10h à 17h jusqu’au 3 juillet!

Le constat

En effet, par notre travail quotidien de permanence sociale ouverte aux jeunes jusque 18 ans, nous sommes en première ligne pour constater les difficultés rencontrées, sur le terrain, par les jeunes pour se réinscrire en début de chaque année scolaire. En août et en septembre, systématiquement, les services sont littéralement débordés de demandes sur ce thème. Nous prenons alors le temps d’orienter ces jeunes vers les écoles, en fonction de leurs attentes, de leurs capacités mais, surtout, des ressources disponibles en termes de places. Et c’est là que le bât blesse. En septembre, les listes des écoles sont souvent complètes ; il est souvent trop tard pour opérer un choix idéal, réellement en lien avec les aspirations du jeune.

La campagne

C’est sur base de ce constat que nous prenons l’initiative, depuis six ans, de mener une campagne de sensibilisation pour inciter les jeunes à s’inscrire le plus tôt possible dans une école de leur choix. Plus tôt ce choix sera opéré, plus il pourra se faire en concordance avec leurs envies. Or, fin juin et début juillet, les jeunes ont déjà la tête à leur liberté, à leurs vacances, et très peu songent à se renseigner et prendre les dispositions utiles pour se réinscrire, quelle que soit leur situation scolaire. Concrètement, nous proposons du 22 juin au 3 juillet ainsi que du 24 août au 4 septembre une permanence renforcée dans nos locaux de permanence (pour Promo Jeunes AMO : 11-12 Métro De Brouckère, 1000 Bruxelles), afin d’informer, d’aider et d’orienter les jeunes vers une inscription dans une école pouvant correspondre à leur choix. Enfin, le projet se fait connaître via une distribution de dépliants et une campagne de diffusion.

Une couverture sur l’ensemble de la Région

Depuis quatre ans, nous bénéficions de la participation d’autres associations et AMO. Les jeunes touchés par la campagne pourront ainsi s’adresser au point de contact de leur choix, près de chez eux. Nous sommes heureux de cette collaboration qui permet à cette campagne de sensibilisation de toucher un public beaucoup plus large.

Enseignement et priorités

L’ensemble des associations participantes souhaite profiter de l’occasion pour mettre l’accent sur les constats suivants :
– Il existe une véritable crise de l’inscription, propre à la Région de Bruxelles-Capitale. Les causes en sont multiples, mais il nous semble nécessaire que les autorités prennent conscience du nombre trop important de jeunes qui se retrouvent sans école au début de l’année scolaire, et dont nous mesurons empiriquement l’importance via notre permanence de première ligne. Nous constatons aussi la présence d’une difficulté particulière pour les premières années maternelles et primaires.
– La question de l’explosion démographique actuellement en cours deviendra rapidement une urgence à Bruxelles ; les difficultés grandissantes que nous constatons quant aux inscriptions ne constituent, nous en sommes convaincus, que la face émergée d’un iceberg qui s’avance dangereusement. Les autorités doivent mettre tout en œuvre pour que la construction d’écoles et la création de places, dans toutes les filières, deviennent une priorité politique.
– Notre travail est centré sur l’autonomisation du jeune ; concrètement, nous passons beaucoup de temps à discuter avec le jeune, examiner avec lui les différentes filières et options disponibles. Dans ce cadre, nous devons constater que les choix pour l’enseignement technique ou professionnel sont le plus souvent dictés par des considérations de facilité et d’échec scolaire, plutôt que par un choix délibéré et de vocation. La revalorisation de ces filières techniques et professionnelles nous semble constituer une pierre essentielle au débat. Il conviendrait que les jeunes choisissent une filière, quelle qu’elle soit, en fonction de leurs aspirations réelles, et non de l’image parfois dégradée qu’ils se font de leurs propres capacités ou des filières elles-mêmes ; ces dernières doivent faire l’objet d’une revalorisation, notamment par l’affectation de moyens nouveaux.

– Nous constatons que peu de jeunes et de parents sont informés de l’offre de l’enseignement. Cela rajoute de l’incompréhension lors d’une orientation liée aux résultats ou à l’âge. En outre, aucun ou peu de suivi n’est prévu par les écoles pour expliquer aux jeunes les raisons de cette décision. Les jeunes sont souvent livrés à eux-mêmes car ils ne connaissent pas toujours les professionnels qui peuvent intervenir et les conseiller. De plus, ils n’ont pas toujours leurs parents pour les épauler. De ce fait, le risque pour les jeunes est de prendre une décision hâtive ou sur base de critères peu objectifs tels que la distance entre leur école et leur domicile, le choix d’une option dite facile ou un choix basé sur la camaraderie.

– Un autre point soulevé est la problématique des recours. Lors de nos précédentes campagnes, nous avons vu émerger une « mode des recours ». Bien que cette demande soit un moyen efficace d’entrer en contact avec les jeunes en rupture scolaire, elle semble souvent précipitée, ce qui nous laisse peu de temps pour bien comprendre les causes de l’échec. Les délais imposés par les écoles étant souvent trop courts. Il n’y pas non plus, chez le jeune, une réflexion autre que la focalisation sur le recours et « l’injustice » qu’il représente. Notre travail à cet égard est de provoquer une réflexion avec lui sur les alternatives en cas d’échec du recours. D’autant plus que nous avons un manque d’informations sur les critères de décisions du conseil de classe ainsi que sur les conditions de l’acceptation d’un recours externe.
– Nous constatons plusieurs cas de jeunes exclus de leur établissement en fin d’année scolaire. Si l’exclusion peut se justifier, il n’en reste pas moins qu’un renvoi aussi tard dans l’année prive de facto les jeunes de toute chance de réussir leur année, et a fortiori de retrouver une école. Dans les faits, s’ils sont mineurs, ils sont laissés souvent à eux-mêmes, victimes de l’impossibilité de se réinscrire, du rejet des recours et de l’absence de suivi – les SAS sont régulièrement complets à cette époque. S’ils sont majeurs, ces élèves quittent tout simplement le système scolaire, avec les conséquences dommageables que cela aura sur la suite de leur avenir. Il nous semble que les autorités pourraient réfléchir à la possibilité d’empêcher l’exclusion en toute fin d’année scolaire, sauf cas de violence grave ; en effet, exclure un jeune revient, après une certaine période, à le pousser dans une spirale d’où il devient ensuite très ardu de l’extraire.

– Lorsqu’un élève a été déscolarisé et/ou exclu de son établissement scolaire l’année précédente, on remarque qu’iltraîne son passé derrière lui. Pour les jeunes ayant atteint leur majorité, on remarque aussi un manque d’ « accueil » par les différentes écoles. Cela est d’autant plus dommageable, qu’à cette période, les jeunes ont déjà cumulé plusieurs années de retard et plusieurs orientations. Dès lors, l’envie est forte pour ces jeunes de s’engager sur le marché de l’emploi sans terminer leur formation.

– Les élèves suivant un enseignement en CEFA éprouvent de véritables difficultés à se trouver un patron d’entreprisepour leurs stages. Nous invitons les autorités à réfléchir aux moyens à mettre en place de meilleures interfaces pour inciter les employeurs à engager ces élèves, et améliorer l’information mutuelle sur le sujet.

Informations et contact
Promo Jeunes AMO : personne de contact : Zoé Marchand – z.marchand@promojeunes.be



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